29 décembre 2007
Interview du fanzine Anachronique
6 Papiers Sous Terre : Tout d’abord, bonjour !!
Anachronique : Et bonjour à vous !!
6PST : Alors, pour commencer, quelle est votre définition du « fanzine » ?
A : Eh bien, je dirais « magazine amateur autoproduit », « magazine de fan », quelque chose comme ça. J’ai bon ? (rires)
6PST : Pourquoi avoir créé un fanzine ? Quel est son objectif ?
A : Pour se motiver à faire des planches en groupe et pouvoir montrer notre travail ! La naissance d’Anachronique date d’un peu plus de deux ans. Notre « numéro zéro » est sorti plus précisément le 5 octobre 2005 (date officielle de bouclage).
6PST : Quand et comment est né Anachronique?
A : Les auteurs fondateurs d’Anachronique se sont rencontrés au Zarmatelier (atelier de bandes dessinées de Marseille dirigé par des professionnels tels que Richard Di Martino et Bruno Bessadi, entre autres), et l’envie de monter un projet commun a motivé la création de ce fanzine.
Cela nous a permis de pratiquer non seulement le dessin, mais aussi d’avoir une vision globale de l’édition dans ce qu’elle a de technique (impression, délais…), et aussi du travail d’équipe (qui est pour nous aussi important que délicat parfois).
6PST : Pourquoi le nom «Anachronique »?
A : Parce que. (rires)
Non, sérieusement, on a eu plein d’idées et au bout d’un moment on a tranché parce qu’on en avait marre de ne pas se décider et du coup de remettre à plus tard l’édition du fanzine à cause de ça.
Finalement, ce nom reflète assez bien l’esprit du fanzine, dans sa façon de faire se côtoyer plein de petits univers différents, propres à chaque auteur.
6PST : Comment est fabriqué Anachronique?
A : Nous nous occupons nous-même de la mise en page et du rédactionnel, et pour l’impression, c’est devenu plus compliqué dans le sens où nous avons bénéficié de pas mal d’aides et que maintenant, nous sommes davantage dans l’obligation de devoir tout prendre en compte. Ce qui n’est pas forcément plus mal, mais reste néanmoins plus difficile.
6PST : Comment le distribuez-vous ?
A: Sur ce qui est de la distribution, nous faisons en général appel à la bienveillance des librairies spécialisées de la région qui acceptent de nous laisser une place sur leurs étals.
Mais c’est généralement en festival que nous vendons le plus, grâce, sans doute, à notre bonne humeur et notre beauté légendaires (rires).
6PST : Comment voyez-vous l’avenir d’Anachronique ?
A : Pour ma part, j’espère qu’on deviendra un vrai magazine lu par des milliers de groupies hystériques et plein d’argent. (rires) Dans nos rêves les plus fous, nous créeront un véritable studio qui fera bibliothèque, café et atelier, avec notre « Anachronique-mobile », un super van comme Scoobidoo ! (rires) J’espère avant tout que ça nous aidera tous à atteindre nos objectifs et que nous verrons encore longtemps plein d’auteurs et amis se succéder dans nos pages, dans le sens où c’est déjà le cas.
6PST : Quel est votre public ?
A : Notre public est vraisemblablement jeune, ado-adulte, mais en réalité, on ne cible pas particulièrement une tranche d’âge, dans le sens où nous nous accordons une liberté de ton totale, dès l’instant où nous apprécions ce que nous faisons, tout un chacun. On ne peut pas cacher que le fanzine est avant tout notre moyen de nous trouver et de faire toutes les expériences possibles, au niveau de la bande dessinée.
6PST : Comment sont les retours des gens qui vous lisent ?
A : Plutôt positifs, sans pour autant nous empêcher de prendre du recul sur ce que l’on fait.
On pourrait néanmoins nous reprocher un manque de cohérence au niveau de la ligne éditoriale, mais quelque part, c’est aussi le principe de notre fanzine : des auteurs différents réunis par la passion du neuvième art (cliché, certes, mais véridique !).
En tout cas, nous recevons suffisamment de retours enthousiastes pour nous motiver à nous surpasser un peu plus chaque fois !
6PST : Que pensez-vous du petit monde des fanzines actuellement ?
A : Dans notre région, nous sommes relativement peu nombreux, même si on assiste à l’émergence de nouveaux collègues. Ce qui est positif, dans le sens où la bande dessinée doit vivre, se développer, et les fanzines apportent ce côté convivial qui pourrait manquer parfois dans ce petit monde.
6PST : Avez-vous des fanzines coups de cœur dans la production d’aujourd’hui ?
A : L’Entrepôt, Choco-Creed, Escapo, Léon, la plupart de ces fanzines sont de chez nous, alors on est solidaires !
6PST : Quels conseils pourriez-vous donner à ceux qui veulent se lancer dans le fanzine ?
A : Rester fidèle à ses idées, savoir se faire plaisir.
Aller au bout de ce que l’on fait, même si sur le coup, on n’est pas toujours satisfait. Le fanzine, c’est de l’apprentissage, et c’est en trébuchant qu’on apprend à marcher puis à courir.
Et surtout, ne jamais perdre la motivation. C’est ce qui fait la qualité et la différence si l’on souhaite voir son fanzine durer dans le temps.
C’est comme sourire au téléphone : ça se sent et c’est communicatif !
6PST : Un dernier mot ?
A : Ornithorynque.
6PST : Merci d’avoir répondu à ces questions !
A : Merci à vous et bonne continuation !
Retrouvez Anachronique sur son blog et sur Six papiers sous terre.
06 décembre 2007
Interview du fanzine Helban
Tout d’abord, bonjour !!
Et bien bonjour oui!!...
- Alors, pour commencer, quelle est votre définition du « fanzine » ?
Alors on a fait des recherches là dessus, ça vient du mot latin, "fanzinum", qui veut clairement dire: contre culture à variantes multiples... Hum hum... C'est un support, un moyen, une technique pour faire passer des infos, des idées, des connaissances,... La plus part du temps photocopié et aux tirages n’ excédant que rarement les 1000 exemplaires, c'est un outil de communication qui est en marge de tout système mercantile ou commercial qui offre un point de vue totalement différent des médias et industries à grands tirages type journaux ou magazines... C'est du "do it yourself", "fais le toi-même", on ne parle pas de professionnalisme, mais de passionnés s'adressant à des passionnés!...
- Pourquoi avoir créé un fanzine ?
On a commencé à s'intéresser à cette petite presse spécialisée par le biais des concerts, des distros indépendantes, dans des squats, parce que ça parlait de musique et de gens originaux, et qu'à chaque lecture on faisait des découvertes... Dans notre région, il y avait très peu de zines qui tournaient, puis j'étais entouré d'artistes extraordinaires et supra productifs mais sans grand moyen pour exprimer leurs oeuvres... Ayant très peu de talents ou qualités artistiques, on a préféré mettre en valeur le travail d'amis, de gens qui nous faisaient vibrer ou frissonner... C'est surtout une histoire de potes, de passionnés, puis ça permet de rentrer gratos à des festivals, de boire des bières à volonté, et de draguer les filles!...
-Quand et comment est né Helban?
HELBAN est né il y a tout juste 1000 ans dans les hautes plaines marécageuses du bayou pictavien, d'un père pélican alcoolique, et d'une mère marmotte cul de jatte et albinos... Sérieusement, c'est la continuité de 2 anciens fanzines, l'un principalement axé sur la musique, et l'autre sur la société au sens large... Fin 2006, après presque un an d'inactivité fanzinesque, Fab et moi (Edouard), on a été pris d'une forte nostalgie, et eu l'envie de partir sur de nouvelles bases pour un nouveau projet avec plus de moyens techniques et financiers... En quelques jours et au fil des rencontres, la machine était lancée, et le 8 janvier 2007, le zine était officiellement né...
-Quel est son objectif ?
L'objectif est d'assurer une tribune à des artistes ou des passionnés, afin de proposer et de développer des idées culturelles, sociales ou politiques hors normes. En plus d'avoir gagné en qualité matérielle et graphique, et d'avoir augmenté le tirage (comparé à nos anciennes productions), l'objectif est aussi d'élargir notre réseau de distribution et de lecteurs, qu'il ne soit pas seulement distribué dans les milieux spécialisés où le public est déjà averti... Avant notre réseau s'arrêtait aux milieux musicaux et festifs, aujourd'hui on peut trouver HELBAN en librairie, en skateshop, chez le tatoueur, en distro, magasin de fringues, de zics, fanzinothèque,...
- Pourquoi le nom «Helban »?
Et bien c'est la fusion des noms de 2 anciens zines de notre cru, HELL PROPAGANDA dont le thème principal était la musique punk hardcore ou métal, et CULTURBAN, ouvrage collectif parlant d'arts graphiques et de société... HELBAN... Ça sonnait bien, ça faisait un peu univers BD, comix, style HELLBOY et BURNEMAN... Puis on était bourré et on avait rien trouvé de mieux... hum…
- Comment est fabriqué Helban?
Le zine est fabriqué au Laos par des enfants de 12 ans très très habiles de leurs mains, mais attention, j'insiste, ils sont bien payés!!!... Bon donc hum, on propose un thème aux artistes, quoiqu’on aime pas trop ça, on avertit du deadline limite avant la mise en page, ensuite on s'assure de leurs présences et du nombre de pages qu'ils feront. Une fois les oeuvres réunies, ça part à la maquette et chez l'imprimeur... Entre l'annonce officiel du deadline et la distribution, faut compter environ 4 mois, 3 mois de rédaction et de tractations avec les artistes ou les groupes pour les interviews, 2 à 3 semaines de mise en page, et une douzaine de jours chez l'imprimeur...
-Comment le distribuez-vous ?
Fab a trouvé sur Ebay un lance-pierre géant, alors on s'est cotisé.... A peu près 50 % de notre système de diffusion passe par le dépôt-vente, 40% des ventes se font de mains à mains en festivals, en concerts, au gré des rencontres, et les 10% qui restent, ce sont des achats directs de commerçants, librairies, skateshops, magasins de zic... à Marseille, librairie Monnaie De Singe, à Chaumont, la boutique des Hameçons Cibles, à Poitiers librairie Feu Rouge, Mass Prod à Rennes, à Montpeliers, à Paris, Bordeaux, Nantes, Lyon, Bourg en Bresse,... un peu en Belgique, à Liège et à Mons, et même au Québec, à Sherbrooke!!!... Merci à toi Louis!...
- Comment voyez-vous l’avenir de Helban ?
Dans l'avenir, on rachète LAGARDERE PRESS, on s'installe à la bourse de Paris et on fume le crac40!... Le tome 2 est prévu pour le 1er janvier 2008 avec des interviews et plein de chroniques en plus... L'avenir nous dira lui-même ce qu'il en sera de HELBAN, comme pour le tome 1, on se fixe un objectif de vente, à peu près 40% du tirage, une fois attend, on passe au numéro suivant... Si on ne fait pas notre objectif, ce sera selon les motivations et les moyens financiers de chacun...
- Quel est votre public ?
De 7 à 77 ans, dans HELBAN y'en a vraiment pour tous les goûts, du gore à l'absurde en passant par le comique, la caricature, l'abstrait, le punk, la techno,... Le fanzine a vraiment été créé pour pouvoir toucher un maximum de personnes, en offrant un éventail d'artistes et de styles en tout genre, tout en essayant de le rendre accessible à tout le monde...
-Comment sont les retours des gens qui vous lisent ?
Concrètement les gens ont beaucoup aimé la variété du sommaire, que ce soit par les techniques ou les styles, que par les sujets et les tons proposés... On nous a dit 2-3 fois que ça manquait de chroniques, alors pour le tome 2, ce sera fait! Enfin faut avouer que leur absence dans le tome 1, c'était surtout par manque de place, on avait prévu une quarantaine de pages, et on s'est retrouvé avec près de 80 pages, puis finalement on a tranché, on en a fait "que" 68...
- Que pensez-vous du petit monde des fanzines actuellement ?
Aujourd'hui, c'est comme au 19ème ou au 20ème siècle, le fanzine est underground! En html d'accord, mais son public se veut et se doit d'être restreint... bizarre... Des zines y'en a beaucoup, mais le plus dur c'est de les trouver, et une des manières les plus efficaces pour en trouver, c'est de traîner dans ce petit monde souterrain, dit underground, dans les concerts, les squats, les shops indépendants, les petites librairies... De nouveaux titres apparaissent, et beaucoup disparaissent, c'est le petit monde du fanzinat...
- Avez-vous des fanzines coups de cœur dans la production d’aujourd’hui ?
BARRICATA, le fanzine contre-culture du R.A.S.H Paris Banlieues, c'est super bien écrit, les articles sont complets et la qualité est bestiale, chapeau à eux!... Y'a LA BOÎTE A CONS PRIMéES, un mélange de BD, caricatures et dessins de presse, édité par BANDE DECASSE qui nous a pas mal fait rire... Y'a MYCOSE, zine belge de BD qui nous a mis une belle claque à sa découverte, je crois qu'ils ont eu le prix du fanzine à Angoulême y'a quelques temps... QUE SUERTES, zine BD tout droit venu d'Espagne, pavé d'artistes Européens... Puis bien sûr, SPEEDBALL, sale rejeton de MY WAY, le zine de CHESTER B, avec CHA et MELVIN, indiscutablement une des plus fortes influences pour notre boulot... Merci Christophe pour ton aide précieuse!...
- Quels conseils pourriez-vous donner à ceux qui veulent se lancer dans le fanzine ?
Qu'ils foncent!!! Rien ne doit les arrêter, que ce soit du point de vue financier, matériel ou moral. Vous avez des idées, de l'imagination, alors allez-y!!! Quelques soient les moyens, exprimez- vous! Ou aidez les autres à s'exprimer! Si vous y croyez, les gens y croiront aussi... Créer un fanzine c'est exprimer des goûts et des idées, donner son avis, partager, échanger des savoirs et des connaissances, offrir sa vision du monde, un fanzine c'est sortir des sentiers battus et mettre à sac les barrières aliénantes des conventions et normes grand public... Faites des zines pas la guerre!
- Un dernier mot ?
Merci à tous les lecteurs de petite presse spécialisée, et bien sûr merci à toi Johan de faire vivre le petit monde du fanzinat et de mettre en relation tous ces micro/nano éditeurs avec ton blog!.... On pensait que ce serait bien d'élargir la banque de données aux zines du passé et ceux qui parlent de musique, Science-fiction, et tout et tout... C'est du boulot hein?!!... Si tu veux on t'aide!!...@ bientôt sur les routes!...
Merci d’avoir répondu à ces questions !
Merci de nous les avoir posé!! Héhé...
Retrouvez le fanzine Helban sur son blog ou sur Six papiers sous terre!
13 novembre 2007
Interview du fanzine Escapo
Tout d’abord, bonjour !!
Salut !
Alors, pour commencer, quelle est votre définition du « fanzine » ?
En fait, on ne sait pas trop comment définir Escapo parce qu’un fanzine est fait par des amateurs. Dans Escapo, on a des amateurs mais aussi des pros . Donc entre le prozine et le fanzine, ben y a... pranzine. Ca fait un peu nom d’antidépresseurs, ce qui est plutôt pas mal…
Pourquoi avoir créé un fanzine ? Quand et comment est né Escapo? Quel est son objectif ? Pourquoi le fanzine dans le fanzine ?
On était en train de jouer au poker, personne n’avait de jeu sauf moi, ils ont donc inventé cette histoire de fanzine pour m’empêcher d’abattre ma quinte flush royale. On a commencé à délirer sur l’idée d’un autre fanzine (Skippy) qui s’incruste à l’intérieur et qui nous fait la nique, avec son propre univers de déconne, où le vomi est une denrée appréciée, et le caca une matière organique à vénérer. On a décidé de laisser la liberté de rédaction à une bande de jeunes hippies et voilà le résultat. Du cul, du caca et de la violence. Et voilà comment une belle idée a été gachée dès le départ.
Pourquoi le nom « Escapo »?
Alors là, ne me demande pas, parce que moi j’en voulais un autre de nom, mais je le dirais pas pour pas qu’on me le vole, pour le jour où je claque la porte et que je pars avec tous les contacts pour refaire un autre fanzine. Non mais en fait c’est une bd de Paul Pope, Escapo c’est un personnage comme Houdini qui se libère de ses chaînes. Le slogan de cette BD c’est « la liberté d’être entravé » ça nous semblait être la seule liberté qu’on pouvait s’offrir ainsi qu’aux auteurs. Et ça sonnait mieux que Braveheart pour un fanzine.
Comment est fabriqué Escapo? Comment le distribuez-vous ?
Escapo est fabriqué par une machine dont la marque à ne pas dire commence par « X » et qui finit par « erox ». Et c’est nous qui appuyons sur le bouton nous-même, avec ce simple doigt on peut constater notre toute puissance. Et sinon il est façonné par nous-même aussi, sauf les agrafes, on a un esclave chinois pour ça. Il est tiré en 300 exemplaires tous les 3 mois (le fanzine, pas le chinois), même si on est toujours en retard, et distribué dans quelques librairies du sud dont la liste est à trouver sur notre blog. Ce sont des dépôt-ventes, et ils restent, sauf erreur de ma part, partout à 3€, (si quelqu’un l’a acheté plus cher il s’est fait arnaquer), sinon la meilleure façon de le trouver c’est encore de le commander via le blog, pour ceux qui sont loin. On va bientôt avoir des points de vente en Belgique, ce qui est top la classe.
Comment voyez-vous l’avenir d’Escapo?
Les mecs de la team diraient « avec des putes et du champagne ». Quant à moi je les laisse se bercer de cette illusion infantile et continue à tenir la caisse.
Quel est votre public ? Comment sont les retours des gens qui vous lisent ?
On a toujours eu des supers retours et des beaux compliments, sauf un seul, mais bon c’était un auteur je ne peux pas parler de public, qui nous a carrément fait un procès d’intention en qualifiant notre couverture de trop racoleuse, et au contenu de mag trop violent. Donc bon, on a rigolé quoi….J.R. si tu nous lis, on te fait un bisou, ah non Yann me dit dans mon oreillette qu’il ne te fait pas de bisou. Toujours est-il que nous avons fait le mag qu’on avait vraiment envie de lire et force est de constater que nous n’étions pas seuls dans cette même attente. C’était important aussi pour nous de le faire le moins cher possible pour le rendre abordable au plus grand nombre.
Que pensez-vous du petit monde des fanzines actuellement ?
Etrangement, il nous semble que les auteurs s’auto-censurent beaucoup comme si le politiquement correct était devenu un « tic » qu’on ne remet plus en question.
Avez-vous des fanzines coups de cœur dans la production d’aujourd’hui ?
Celui de Jzef, un auteur qui est publié dans Escapo 2 et qui fait aussi son propre fanzine, ça s’appelle Uber Craignos. Sans flatterie aucune on aime aussi beaucoup ton boulot.
Quels conseils pourriez-vous donner à ceux qui veulent se lancer dans le fanzine ?
Ne le faites pas, manquerait plus qu’on se fasse peter les jambes par la concurrence !
Un dernier mot ?
Un grand merci à tous les auteurs amateurs et pro qui nous ont rejoints dans le numéro 2 parce qu’ils ont tous été au top et super patients avec nous.
Merci d’avoir répondu à ces questions !
Merci à toi l’ami !
Retrouvez Escapo sur son blog ou sur Six papiers sous terre.
03 novembre 2007
Interview du fanzine Incipit
Tout d’abord, bonjour !!
Et bien, oui, bonjour, c’est vrai que c’est bien de commencer par ça. C’est la moindre des politesses, et je suis très heureux que tu y ais pensé.
Alors, pour commencer, quelle est votre définition du « fanzine » ?
On ne peut pas vraiment en donner vu que chacun, au sein de notre petit groupe, a un peu la sienne. Du coup on se définit assez bien par ce que l’on est pas : Nous n’agissons pas en temps que professionnels car nous n’avons pas de directeur éditorial à qui se référer ; nous ne travaillons pas non plus sous la contrainte d’une rentabilité de la revue. En caricaturant un peu on peut dire que nous sommes des fans produisant un magazine (Fan[atic] [Maga]zine) en amateurs. Et du coup notre fanzine est surtout un espace de totale liberté et qui avance par la motivation de tous et de chacun.
Pourquoi avoir créé un fanzine ? Quand et comment est né Incipit? Quel est son objectif ?
Oula ! C’est très compliqué et guère passionnant, tu ne sais pas à quoi tu t’attaques en posant cette question ! Alors… Nous avons presque tous été recrutés en 2002 par une association appelée Kuamaure. Elle cherchait des dessinateurs et des scénaristes. Le fanzine est un bon moyen de progresser et de se frotter aux contraintes de l'édition, nous avons donc signé là-bas et créé le fanzine La Kafetière. Au début, pour les premiers numéros, le fanzine ressemblait plus à ce qu’on peut appeler un « fanzine d’amis ». Mais certains d’entre nous on eu, petit à petit d’autres prétentions pour le fanzine. C’est à partir de ce moment, où les envies divergèrent sur la façon dont le fanzine devait évoluer, que l’association a finie par splitter, en 2004, et nous nous sommes reformés, avec ceux qui ont voulu continuer l’aventure, sous le nom de l'association l'Entrepôt. Une autre identité, quelque chose qui reflétait la façon dont ceux qui étaient restés envisageaient la bande dessinée à ce moment, quelque chose de plus aboutit que ce qu’on avait pu faire jusqu’alors, de moins « entre copains » donc. En ce qui concerne son objectif : la plupart d'entre nous aimerait se faire connaître dans le milieu artistique (bédé, graphisme, illustration,...) ou du moins se donner l’occasion de produire un objet de qualité, en essayant d’avancer et de gagner en maturité. Tout cela fait très très sérieux, mais concrètement on s'amuse beaucoup quand même et on est pas les derniers quand il s’agit de parler pipi et caca, nous sommes d’ailleurs très déçu qu’il n’y ai aucune question à ce sujet sur lequel nous sommes particulièrement intarissable.
Pourquoi le nom « Incipit »?
Clairement, par rapport au contexte que l’on vient d’aborder, on était dans une ambiance de renouveau, de nouveau départ d’une certaine manière. De fait, la définition d’Incipit justifie à elle seule son utilisation pour nommer notre collectif : « premiers mots d’un livre ». Et puis son « image » classe et littéraire renvoie à l’image que l’on veut avoir, et donner, de notre travail : un travail plus sérieux, plus affirmé. Et puis le mot Incipit, ça claque.
Comment est fabriqué Incipit? Comment le distribuez-vous ?
On pourrait dire qu’il est fabriqué dans une cave et revendu sous le manteau … Mais c’est (un peu) le propre d’un fanzine. Plus sérieusement, on essaye d’expérimenter encore le format, la agination jusqu’à trouver une formule qui nous aille bien à tous. Ce qui ne nous empêchera pas de rechanger encore après. Donc les trois premiers numéros sont (et seront pour le troisième qui n’est pas encore sorti) tous différents. Le but est d’améliorer le rendu à chaque fois. Techniquement on est aussi passé de la photocopie à la reprographie, plus coûteux, mais avec un meilleur rendu graphique. On est aussi passé des pages blanches aux pages ivoires et surtout des agrafes au dos carré-collé. Pour le premier numéro d’Incipit, nous avions tout agrafé à la maison, avec une agrafeuse pas assez solide pour l’épaisseur du fanzine. Je ne sais pas combien d’agrafes nous avons jeté pour le coup. Les sociétés de défenses des agrafes maltraitées en ont été outrées. On s’est dit « plus jamais ça ». Sinon la maquette est donc faite sous format pdf, histoire d’avoir le moins de problèmes possibles au moment de l’impression. Enfin la couverture, c’est de la photo, et non pas du dessin. Ça parait rien mais en fait c’est aussi une évolution et une façon de marquer notre démarche.
Pour ce qui est de la distribution nous sommes présents surtout sur des festivals, dans le sud-est particulièrement, et on fait également de la VPC (via notre site que tu as mis en lien).
Comment voyez-vous l’avenir d’Incipit?
Avant tout on espère continuer à faire des choses dont on soit fier. Donc toujours avancer dans nos productions et nos démarches artistiques et éditoriales. On ne sait pas ce que réserve l’avenir de l’association car, comme toutes les petites structures, on a des difficultés, financières et puis humaines de part l’éparpillement croissant de ces membres à travers la France. Et puis tous (pratiquement) nous avons une vie à côté, un boulot, des contraintes … Le temps parait manquer souvent mais on s’accroche. De toute façon on ne produit pas pour vendre, mais pour mener à bout notre travail et nos projets, du cerveau à l’édition. Nous n’avons pas la prétention, par exemple d’un jour tirer à 1000 exemplaires ou de se faire distribuer par d’autres voies que celles qu’on utilise jusqu’à présent (quoique… on s’est aussi donné l’objectif de dominer le monde). Par contre certains préfèreraient avoir des sorties plus fréquentes et on essaye aussi d’avoir petit à petit une unité sur nos diverses sorties. Du coup, on a bien développé des petites productions parallèles comme des cartes postales, des badges ou d’autres choses que l’on essaye encore pour avoir des produits qui se vendent plus facilement pour nous aider à sortir nos livres. De plus chacun peut aussi développer son univers ce qui se termine aussi parfois par des productions hors collectif, des productions donc plus personnelles, bien que l’on soit attentif à garder une orientation globale de toutes ces productions.
Quel est votre public ? Comment sont les retours des gens qui vous lisent ?
Notre public est relativement large dans le sens où nous n’avons pas de cible définit. C’est à la fois un bien et un mal, on s’impose donc moins de contrainte dans ce que l’on produit mais l’on « n’optimise » pas les possibilités de ventes. Donc chaque personne qui aime la bande dessinée est un lecteur potentiel. Nous sommes très éclectiques dans nos productions, car chacun a sa sensibilité, ses références et sa façon de s’en détacher. Le point sur lequel on peut donc avoir une unité, c’est que nos travaux tiennent la route le plus possible et aient une personnalité originale.
Comme la majorité des lecteurs sont des gens que nous rencontrons sur des festivals, nous avons peu de retours. Les mails sont rarement utilisés pour avoir des avis retours sur notre production. C’est assez déstabilisant pour avancer. Mais on ne dit pas non plus qu’on en a aucun : on en a peu mais ils sont toujours encourageants et positifs. Et il y a certaines personnes qui sont venus nous voir sur un festival donné plusieurs années d’affilée pour voir l’évolution et ça en particulier c’est très motivant.
Que pensez-vous du petit monde des fanzines actuellement ?
On peut peut-être définir le petit monde des fanzines en trois traits : c’est un monde foisonnant et anarchique, parallèle au monde dit professionnel. C'est toujours agréable de voir la ferveur avec laquelle les fanzineux s'investissent dans leur projet, ça fourmille dans tous les sens. Le boom de la bande dessinée d’il y a une dizaine d’années a eu comme effet de donner envie à beaucoup de gens de produire et de ne plus seulement lire, ça et la démocratisation des moyens techniques et de la culture graphique en général qui touche tout le monde maintenant, on se situe nous-même dans cette « vague ».
Mais d’un autre côté en temps que « monde parallèle », il est moins connu (et reconnu) tout en étant aussi riche que la bande dessinée non-amateur. On trouve des fanzines qui investissent l’univers d’heroic-fantasy, du manga (en terme de dessin, de codes et de thèmes), mais également dans des projets plus personnels, intimes et littéraires ou originaux. Les auteurs restent des fans, sans vouloir être réducteur, du médium lui-même ou des styles, des récits, … Mais l’éditeur reste souvent un gage apparent de qualité, ce qui est loin d’être vrai. Le fanzinat n’a pas toujours une bonne image et dans les festivals, les fanzines sont souvent relégués au rang d'apéro avant de passer aux gros auteurs et isolés dans les coins les plus perdus des festivals. On pourrait donc penser et espérer que soit les festivals (européens) prennent un peu de la graine des conventions mangas où les fanzineux sont aussi bien traités que les auteurs soit que les dit fanzineux eux-mêmes s’organisent pour avoir un moins d’exister plus forte qui leur soit propre. Peut-être devrait-on songer à se réunir plutôt que de bosser dans nos coins... C'est pour ça que ce blog est une bonne idée, il permet de rassembler un peu toutes ces productions. On peut aussi s’engager dans d’autres voies déjà initiées ici ou là, de festivals totalement organisés par des organismes dissociés des « gros » éditeurs et des lois du marché. Des initiatives existent telles que le festival de Bourg-Les-Valences ou encore le festival En Attendant à Toulouse (et je l’espère d’autres ailleurs), en espérant que l’on va les voir se développer.
Avez-vous des fanzines coups de cœur dans la production d’aujourd’hui ?
Difficile à dire, vue que chaque membre de l’association a des goûts et des attentes différentes. Mais pour les gens qu’on croise souvent en festival, dernièrement on admire le dynamisme d’Anachronique très jeune mais qui s'est imposé tout de suite. Sinon on peut faire un peu de pub pour nos confrères d'Onapratut ou encore de Poil à gratter dans l'extrême nord dont on aime bien le travail. Et puis des associations comme Misma ou encore La Maison Qui Pue dont on apprécie aussi la démarche. Et puis il a le très jeune Némésissement Votre, qui, bien qu’ayant une démarche très ciblée, a su trouver un public rapidement et semble prendre de l’ampleur.
Quels conseils pourriez-vous donner à ceux qui veulent se lancer dans le fanzine ?
Croyez en votre projet, sinon vous serez vite démotivés. Si possible ne vous lancez pas tout seul, l’émulation est une donné très importante, d’autant plus l’émulation qui s’impose d’elle-même. Et puis peut-être rejoignez un fanzine déjà existant ! C’est moins de contrainte ou de soucis du moins dans un premier temps, ça permet de profiter de l’expérience des autres au niveau du maquettage et de l’impression, ça permet de renforcer une structure déjà relativement solide, plutôt que d’en créer une très fragile… Et puis surtout, ça permet de ne pas disperser les talents. Et puis comme on le disait au début, le fanzine c’est la liberté, donc si ces conseils sont pour se lancer, on vous souhaite de trouver votre propre voie par la suite.
Un dernier mot ?
Tractopelle
Merci d’avoir répondu à ces questions !
Merci à toi des les avoir posées ! (t’as vu comme on est bien élevé ?!)
Extrait de Edmond et Philibert, réalisé par SydN (cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Retrouvez Incipit sur le site de L'entrepôt ou sur Six papiers sous terre.
03 octobre 2007
Interview du fanzine Halbran
José Roosevelt, créateur de la revue Halbran, répond aux quelques questions de Six papiers sous terre! Merci à lui!
Tout d’abord, bonjour !!
Bonjour Johan.
- Alors, pour commencer, quelle est votre définition du « fanzine » ?
Le fanzine, aujourd'hui, remplace ce qui, dans les années 70, étaient les nouveaux magazines b.d. comme Echo des Savanes, Mormoil, Le Psychopathe Illustré, Le Petit Mickey qui n'a pas peur des grands, etc. Cette époque foisonnante, véritable charnière dans l'histoire de la b.d. francophone, a vu naître plusieurs publications vouées à un nouveau mode de faire de la bande dessinée: un art adressé non seulement à la jeunesse, et surtout libéré des "codes franco-belges" qui étaient alors véhiculés par des maisons d'édition traditionnelles comme Dupuis, Dargaud, Casterman etc. Dans ces nouveaux magazines, on a assisté à l'expérimentation dans toute sa splendeur. Tout était permis, tout a été essayé. Ces expérimentations n'ont pas toutes abouti dans quelque chose de valable, mais certaines ont apporté un nouveau souffle au neuvième art.
Aujourd'hui, le champ d'expérimentation s'est terriblement rétréci. Les maisons d'édition sont devenues tellement paralysées par la peur de ne pas avoir leur part du marché, que tout projet un tant soit peu novateur est écarté, parce que hypothétiquement pas commercial.
Les magazines ont disparu, reste quelques-uns qui gardent une formule qui a su s'imposer et qui marche, comme Fluide Glacial.
Les nouveaux talents trouvent dans le fanzinat une façon de sortir de cette ambiance morose. C'est avec la micro-édition qu'on peut encore se permettre d'expérimenter. La différence avec les magazines des années 70, c'est que les "fanzineux" sont beaucoup plus courageux: ils ne comptent que sur eux-mêmes pour éditer, distribuer et vendre leur produit.
La définition du fanzine (je vais y arriver): un ballon d'essai, un lieu d'expérimentation, de liberté, écarté des contraintes éditoriales ou commerciales, un acte de pur amour pour la bande dessinée.
- Pourquoi avoir créé un fanzine ? Quand et comment est né Halbran? Quel est son objectif ? Pourquoi le canard ?
Halbran est né presque malgré moi-même.
En 2004, je devais publier un album, "A l'ombre des coquillages", à la maison d'édition La Boîte à Bulles. Or, cette année-là, cette maison d'édition passait par un changement de diffuseur qui a bouleversé son calendrier de publications. Comme j'avais prévu de participer à quelques festivals et n'avait pas de nouveauté à présenter depuis plus d'une année, j'ai décidé de publier "A l'ombre des coquillages" (avec l'accord de La Boîteà Bulles) sous le format d'un fanzine (photocopies agrafées, avec une bande adhésive toilée au dos de l'ensemble), en cinq parties, parues de août à décembre 2004. Halbran était né. J'avais déjà fait de l'auto-publication avant, sous le label "Les Editions du Canard" et c'est sous ce label que Halbran est sorti. Le nom du label trouve son origine dans le fait qu'un de mes personnages principaux est Juanalberto, petit bonhomme à la tête de canard.
Après avoir publié les deux premiers numéros de Halbran, des copains se sont intéressés à lui, au point de proposer des collaborations. Et Halbran est devenu un vrai fanzine, trimestriel à partir du numéro 6 (avril 2005). Quelques-uns de ces amis sont des professionnels du monde de la b.d., d'autres des amateurs. Leur point en commun: la volonté de publier des travaux qui sortent des sentiers battus, fruits de leur envie d'expérimenter.
- Pourquoi le nom « Halbran»?
Halbran signifie "jeune canard sauvage". C'est un nom commun de notre belle langue française, d'usage rare, néanmoins. Pour un fanzine publié par les Editions du Canard, il me paraît parfait. 
- Comment est fabriqué Halbran? Comment le distribuez-vous ?
Jusqu'au numéro 8, Halbran était fait à la photocopieuse de la papeterie du coin de la rue, relié à la maison, donc du vrai travail artisanale. Depuis le 9, il est imprimé et relié par un professionnel spécialisé dans les petits tirages. Ce changement se doit au fait que Halbran a commencé à avoir des abonnés et son tirage est devenu plus important.
Halbran n'est pas distribué: il a des abonnés, mais je le vends aussi sur commande (souvent par internet) et pendant les festivals de b.d. Il y a, cependant, une librairie qui les vend à Lausanne (ville où j'habite): la librairie Raspoutine.
- Comment voyez-vous l’avenir de Halbran?
L'avenir est un mystère. Tant que j'aurai du plaisir à publier Halbran, il va continuer de sortir. Si ça ne dépend que de ça, je pense que Halbran va durer encore longtemps. 
- Quel est votre public ? Comment sont les retours des gens qui vous lisent ?
Mon public est celui qui veut quelque chose de nouveau, de pas standardisé. C'est aussi un public qui aime la b.d. en noir & blanc, parce que Halbran est publié en noir & blanc (sauf la couverture). Il y a des nostalgiques des revues des années 70, c'est certain, mais le public de Halbran ne se résume pas à ça: il a des lecteurs de tous les types (si on peut classifier les lecteurs en types différents...)
Les retours sont très importants, parce qu'ils m'encouragent à continuer. Par exemple, certains auteurs comme Krum et Otto reçoivent souvent des éloges et font augmenter le nombre d'abonnés. En général, les lecteurs de Halbran me font de remarques très positives, ce qui me donne l'impression d'avoir trouvé le public pour notre genre de publication.
- Que pensez-vous du petit monde des fanzines actuellement ?
Je ne le connais pas à fond, mais j'ai remarqué, en feuilletant des fanzines dans des festivals de b.d., qu'il y a des choses assez remarquables. Certaines éditions deviennent même presque luxueuses (publiées en couleurs, sur papier glacé etc.). Ce qui est formidable de constater, c'est le caractère original, novateur, de beaucoup des travaux publiés dans les fanzines.
- Avez-vous des fanzines coups de cœur dans la production d’aujourd’hui ?
Vous trouverez sûrement cela paradoxal, mais je n'achète pas des fanzines (ni d'albums de b.d., d'ailleurs). Depuis quelques années, je ne fais que survoler la production nouvelle de bande dessinée... peut-être ai-je trop lu dans mes années plus tendres, je ne sais pas. Mais cela explique pourquoi je ne connais pas les fanzines par leur titre ou leurs auteurs. 
- Quels conseils pourriez-vous donner à ceux qui veulent se lancer dans le fanzine ?
Qui suis-je pour donner des conseils? Tout ce qui me guide, dans mon travail, c'est l'amour de la b.d., c'est le plaisir de la faire. Si ça peut servir à quelqu'un d'autre, tant mieux, on pourra certainement se comprendre.
- Un dernier mot ?
Bienvenue à Halbran!
Merci d’avoir répondu à ces questions !
Je vous en prie!
Retrouver Halbran sur le blog de José Roosevelt et sur Six papiers sous terre.





